Me Demba Ciré Bathily, avocat sénégalais, plaide pour un équilibre entre l'hospitalité traditionnelle sénégalaise, symbolisée par la "teranga", et les impératifs de sécurité nationale  face à l'immigration irrégulière.

Me Demba Ciré Bathily, avocat sénégalais, plaide pour un équilibre entre l'hospitalité traditionnelle sénégalaise, symbolisée par la "teranga", et les impératifs de sécurité nationale face à l'immigration irrégulière. Il insiste sur la nécessité d'un contrôle strict des séjours des étrangers, tout en respectant les accords régionaux comme ceux de la CEDEAO, sans tolérer les installations illégales ou les fraudes à la nationalité.

Me Bathily tire la sonnette d'alarme sur les risques sécuritaires liés à l'occupation irrégulière de l'espace public par des étrangers, citant des exemples concrets comme les démantèlements d'abris aux Mamelles à Dakar et les activités illégales à Saly Portudal. Selon lui, la libre circulation des personnes au sein de la CEDEAO ne justifie pas un séjour définitif en marge des lois, et un pays doit connaître l'identité, l'origine et les activités de ses résidents étrangers pour préserver la cohésion nationale. Il dénonce particulièrement les fraudes présumées sur les actes d'état civil et l'octroi de la nationalité sénégalaise, qu'il qualifie d'"usurpation" et de menace à la souveraineté, affirmant que la citoyenneté ne peut résulter que du lien de sang, d'alliance ou de naturalisation légale.

Protection de l'emploi et régulation des flux migratoires

L'avocat rappelle que certains emplois sont légalement réservés aux Sénégalais, sauf dérogations internationales, et appelle à l'application rigoureuse des titres de séjour comme la carte d'identité d'étranger. Il met en garde contre l'accueil de "chômeurs des pays voisins" et tolère plus le trafic de migrants sous formes modernes d'esclavage, tels que la mendicité et la prostitution, considérant que "trop, c'est trop". Cette position, exprimée dans des publications sur Facebook datant du 3 et 4 octobre 2025, est partagée par d'autres figures comme le commissaire à la retraite Boubacar Sadio, qui adhère à l'idée de cartes de séjour pour réguler les flux.

Références aux défis régionaux et non-xénophobie

Me Bathily précise que sa stance n'est pas de la xénophobie mais une adaptation aux "défis de notre temps", soulignant que l'hospitalité ne doit pas devenir une "faille sécuritaire" déstabilisant le Sénégal. Des experts comme le sociologue Papa Samba Mbaye et l'avocate Fatou Diagne soutiennent cette vision, arguant que la régulation protège les droits et la souveraineté sans fermer les frontières. Ses déclarations récentes s'inscrivent dans un contexte de débats actuels au Sénégal sur l'immigration subsaharienne, sans référence à des guidelines internationales spécifiques, mais alignées sur les principes de la CEDEAO en matière de migration contrôlée.

Application des titres de séjour obligatoires

Me Bathily met l'accent sur le respect impératif des réglementations en vigueur, notamment l'obligation pour tout étranger de posséder un titre de séjour légal tel que la carte d'identité d'étranger délivrée par les autorités sénégalaises. Il considère le non-respect de cette exigence comme une menace grave pour la sécurité nationale, et plaide pour des vérifications systématiques lors des contrôles d'identité et des occupations d'espace public. Selon lui, ces mesures permettent de tracer les mouvements et installations des étrangers, en lien avec les principes de libre circulation de la CEDEAO, mais sans tolérer les séjours irréguliers.

Contrôle des activités et emplois réservés

L'avocat préconise un contrôle strict des activités des étrangers en situation irrégulière, en interdisant l'accès aux emplois réservés exclusivement aux citoyens sénégalais, sauf les dérogations prévues par les accords internationaux comme ceux de la CEDEAO. Il insiste sur la nécessité pour l'État de connaître les professions exercées par les résidents étrangers, afin de prévenir l'exploitation illégale du marché du travail et les formes modernes d'esclavage telles que la mendicité ou la prostitution forcée. Ces propositions visent à protéger les opportunités locales tout en appliquant rigoureusement les lois sur le travail des étrangers.

Mesures contre les fraudes et irrégularités

Bien que focalisé sur le séjour, Me Bathily lie le contrôle des titres de séjour à la lutte contre les fraudes sur les actes d'état civil qui pourraient mener à des octrois irréguliers de nationalité, appelant à une régulation accrue des fichiers administratifs pour éviter les manipulations. Il recommande des actions concrètes comme les démantèlements d'abris illégaux et les expulsions en cas de non-conformité, en citant des exemples récents aux Mamelles et à Saly Portudal. Ces mesures, selon lui, doivent être mises en œuvre sans xénophobie, mais avec un équilibre entre hospitalité et souveraineté, en s'appuyant sur les experts en droit international qui soulignent l'importance de la régularisation pour protéger les droits de l'État.